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eca-zemos98-commonsassemblyDu 15 au 17 novembre a eu lieu à Bruxelles la première Assemblée européenne des communs (European Commons Assembly – https://europeancommonsassembly.eu). Elle a réuni pendant trois jours près de 150 personnes venant de tous les horizons européens dans des lieux différents de la ville. C’est que cette notion des communs ou du commun fait l’objet de recherches et d’expérimentations un peu partout dans le monde et en Europe en particulier.

Cette idée de rassembler nombre de ‘commoners’ d’Europe est née lors d’une rencontre de quelques uns parmi eux l’été dernier en lien avec l’opportunité de rencontrer le groupe des Verts au Parlement européen, intéressé par la thématique. Cette approche était une opportunité qui a fini par prendre une place conséquente dans le cadre de ces trois jours, mais qui devait être vue juste comme une opportunité et pas comme un point d’orgue. C’est ainsi, quoi qu’il en soit que des moyens ont été dégagés pour financer cette Assemblée notamment grâce au soutien de la Fondation pour le Progrès de l’Homme, de la Lunt Foundation, et de l’European culural Foundation.

Cette question du rapport au politique pour des Commoners est toujours difficile. C’est tout le rapport à la forme politique de la représentation qui se trouve en jeu et que l’on ne doit pas surévaluer, mais peut-être aussi que l’on ne doit pas éliminer. Tout le monde reconnait que certaines réglementations ne favorisaient pas les communs alors que d’autres oui… Le relais politique dans le sens institutionnel est alors nécessaire.

La dimension politique a été rencontrée d’une toute autre manière encore. Vu que l’agenda de l’Assemblée était laissé aux acteurs qui s’organisent (dans un esprit de confiance), il y eut un autre moment politique lorsqu’il a été question du rapport du mouvement des communs à DIEM 25 (Mouvement pour la démocratie en Europe https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_pour_la_démocratie_en_Europe_:_Diem_25). DIEM 25 est un mouvement né lors de l’éclatement du gouvernement Tsipras. Né à l’initiative de l’ancien ministre de l’économie Grec, Varoufakis, ce mouvement qui, entendons-nous bien, n’est pas un parti politique, reliant plusieurs dizaines de milliers de personnes en Europe souhaite créer les conditions d’une Europe plus tranparente et plus démocratique. Il est apparu évident à nombre des commoners présents à Bruxelles dans les locaux de l’association Zinneke, que les principes du commun avaient tout à voir avec des formes de démocratisation de la société. Inversement pour le réseau des communs, l’utilisation d’un réseau déjà constitué de milliers de personnes peut être vu comme un accélérateur d’extension de ce principe du commun.

Mais tous étaient d’accord également de la complexité de la tâche. L’actualisation du principe du commun dans la réalité de nos vies suppose une forme pragmatique de l’action obligeant à prendre soin du détail. Chaque réalisation de communs suppose donc un travail patient et laborieux d’invention, qui nécessite un long temps d’élaboration. On ne peut faire l’impasse sur la complexité des assemblages à mettre en place, il n’est pas question que ces niveaux patients de l’élaboration soient soumis à d’autres niveaux qui serainet ‘supérieurs ‘. Chaque situation doit être respectée en tant que telle.

C’est ainsi que le centre de la réflexion devait rester autour des communs en tant que tels. Les communs qui se fédèrent n’est-ce pas là une forme politique en soi ! C’est ainsi que cette Assemblée avait plusieurs fonctions : faire connaissance entre les commoners et créer un réseau européen d’acteurs, créer des échanges de savoirs et de pratiques et imaginer des outils communs, mais surtout se fédérer tel un commun de nos communs. La dernière demi-journée a été consacrée à créer des outils concrets pour poursuivre l’esprit de la rencontre lorsque nous serons retournés chacun chez nous. Nous ne décrirons pas tout ce qui a été imaginé tellement les propositions ont été nombreuses. Mais comme toujours, avec les communs, n’existera que ce qui aura réellement été pris en charge par les acteurs… c’est dans la durée que nous verrons ce qui aura décanté et ce qui se strucutrera.

Enfin, en tant que Commons Josaphat, nous avons eu l’honneur de pouvoir présenter notre projet face à une bonne partie de l’assemblée. Il ne s’agissait pas d’en faire l’apologie, comme un exemple abouti, mais une épreuve à dicuter et profiter de la présence de toutes ces personnes aux belles expériences pour enrichir notre projet.

Une telle Assemblée devra être reproduite et déjà des rendez-vous se prennent pour de nouvelles rencontres à Madrid ou Berlin dans les mois et années à venir. L’idée aussi se fait jour que des rencontres plus régionales devraient être imaginées, comme par exemple Lille-Bruxelles-Amsterdam…

Il est clair que la question des communs ouvre un champ de recherche-action énorme se fondant sur des principes à actualiser par une pragmatique constamment à éprouver et toujours située. Certains posent la question de savoir si le commun est l’horizon d’un nouvel universalisme (voir le colloque des droits de la Ligue des droits de l’Homme france :http://www.ldh-france.org/enregistrements-ua-ldh-2016/)… Il est certain qu’il s’agit d’une aventure civilisationnelle dans un monde toujours plus dangereux. Allez, il y a matière à travailler pour des générations, c’est une bonne nouvelle.eca-zemos98-commonsassembly

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